Depuis maintenant 30 ans, années qui furent riches en pensées, échanges, discours et actions, le Regroupement des maisons de jeunes du Québec (RMJQ) et ses maisons de jeunes membres ont bâti un projet de société qui repose sur la prévention.
Les problèmes sociaux sont nombreux et complexes et les jeunes qui fréquentent les maisons de jeunes sont conscients du chômage, de la pauvreté, du décrochage scolaire, de la violence et de l'exclusion. Les maisons de jeunes ont donc été mises sur pied pour briser l'isolement des jeunes, offrir un milieu de soutien et d'accompagnement, combattre la surconsommation, faciliter l'intégration à la société, développer le sens des responsabilités, permettre l'apprentissage de la démocratie et favoriser la prise en charge, l'autonomie, les relations volontaires et égalitaires.
Ce qui aurait pu n'être qu'un beau projet à une certaine époque et dans un certain quartier de la ville de Québec, est devenu aujourd'hui un extraordinaire mouvement qui a rayonné à travers tout le Québec.
Le commencement |
L'histoire débute au milieu des années 70, lorsque de nombreuses voix se font entendre
pour réclamer l'organisation de services sociaux s'adressant aux jeunes et le développement
de ressources favorisant la prévention. Dans la foulée du rapport Batshaw (en 1976), le
gouvernement accepte de verser quelques 200 000 $ à six organismes communautaires jeunesse,
parmi lesquels on compte deux maisons de jeunes de la capitale (la mdj Saint-Jean-Baptiste
et la mdj l'Ouvre-boîte du quartier). À contre-courant des ressources institutionnelles et
traditionnelles, ce mouvement se développe très rapidement, si bien que d'autres maisons de
jeunes voient le jour dans plusieurs régions du Québec.
Confrontés aux mêmes difficultés, les responsables de ces maisons conviennent rapidement de la nécessité d'unir leurs forces. L'idée de créer un regroupement prend bientôt forme, et c'est ainsi qu'une première réunion se tient le 11 décembre 1978 afin de jeter les bases de ce qui allait devenir le RMJQ. Jusqu'au milieu de 1979, d'autres réunions ont lieu dans le but de préciser les objectifs du regroupement et les conditions d'adhésion. À la fin de cette même année, le RMJQ dépose une demande d'incorporation. En juin 1980, le Regroupement des maisons de jeunes du Québec reçoit ses lettres patentes.
Le mouvement fait boule de neige |
Ne comptant à l'origine qu'une douzaine de membres, le mouvement fonctionne alors
avec une structure très simple. Chacune des rencontres réunit l'ensemble des mdj
membres. L'augmentation rapide du nombre des membres oblige toutefois l'organisation
à se doter de structures mieux adaptées. Dès 1983, le RMJQ compte en effet 27 membres ;
cinq ans plus tard, leur nombre s'élève à près de 80 et le RMJQ continue toujours de
recevoir des demandes d'adhésion. À ce jour, Le Regroupement des maisons de jeunes du
Québec compte 162 maisons de jeunes réparties dans 14 régions du
Québec qui adhèrent au concept et à la philosophie maisons de jeunes du regroupement.
Pendant les premières années du RMJQ, l'ensemble du travail est pris en charge par les maisons de jeunes membres, le regroupement n'ayant aucun employé permanent. Confronté à la nécessité de mieux organiser les actions et devant le nombre croissant de dossiers à traiter, le RMJQ se dote de structures mieux adaptées aux besoins des membres et procède, en septembre 1982, à l'embauche d'une première employée pour assurer la coordination.
Dès ses débuts, le RMJQ a clairement manifesté sa volonté de faire une place importante aux jeunes dans ses structures, les délégations des mdj se composant toujours d'une part importante de jeunes. Il s'agit là d'un trait distinctif du mouvement.
Un projet qui se précise |
À compter du milieu des années 80, le mouvement des maisons de jeunes se précise. On procède alors à la publication de deux importants documents qui visent à définir ce qu'est le projet maisons de jeunes et à mieux camper les pratiques. Au Document de base, lancé en 1983, s'ajoute un an plus tard Au tour des maisons de jeunes, un texte qui livre une quantité importante d'informations et de données sur l'histoire, le financement, l'organisation fonctionnelle et les pratiques en mdj. Puis, un comité est mis sur pied afin de préparer un Cadre de référence sur les pratiques en mdj, document qui se veut un portrait le plus précis possible du travail effectué dans les maisons de jeunes et qui témoigne de la réflexion qui en est à la source. Publié en 1988, révisé et réédité en 1997, ce document demeure encore aujourd'hui le guide de l'action des maisons de jeunes membres du RMJQ.
Les grands événements |
Depuis sa mise sur pied, le RMJQ a été à l'origine ou a collaboré à de nombreux
événements marquants. Il a entre autres participé à de nombreux colloques et
rassemblements tout en effectuant de nombreuses représentations politiques. Le RMJQ
est aussi à l'origine de nombreuses publications (mémoires, bande dessinée, guide
pratique sur les droits, livre de recettes pour adolescents, etc).
En 1998, le RMJQ inaugurait la journée des maisons de jeunes
membres du RMJQ. Dorénavant, le premier samedi d'octobre est dédié aux maisons de jeunes.
Le RMJQ offre gratuitement à ses membres du matériel promotionnel spécifique pour chaque année.
Tout au long de son histoire, le RMJQ et ses membres ont donc démontré que leur mouvement
peut jouer un rôle important, non seulement dans le domaine de la prévention (qui est l'une
des raisons d'être des mdj) mais également en faisant valoir les intérêts des jeunes dans les
grands débats qui animent notre société.